« Vendredi 16 février | Page d'accueil | Lundi 19 février »

16.02.2007

Négatif du technicolor promis

Excédé par le stress, la pollution, les esprits brouillons et le temps capricieux, sans trop réfléchir on décide de partir au soleil dans la banlieue, hop, en 2 temps 3 enregistrements, Marrakech ouvre les portes des paysages technicolor du papier glacé. Les promesses sonnent bien à l’oreille avec un superbe hôtel à suites 5*, restaurants aux diverses spécialités, spa et massages et golf à proximité, finalement à 10 km. Le rêve pour petit budget…du moins ce qui est annoncé au départ. L’aller se passe plutôt bien, l’avion est à l’heure même si cela semble long, on est emmené à l’hôtel dans un minibus avec chauffeur, c’est classe. Là, on voit défiler cette vie qu’on ne voulait pas voir, des gens qui n’ont pas l’air d’être très heureux, qui portent des paniers, des sacs, qui roulent en mob et voitures archaïques, dans une ville surpolluée, où attrape touristes contrastent avec des édifices d’une histoire rongés par l’attrait des billets du nord ou de l’ouest. Arrivé à l’hôtel, le hall est spacieux, on obtient les clefs de la suite dont la clim rappelle une Sibérie oubliée et impossible à corriger. C’est pas grave, la coupe de fruits est belle mais le contenu semble fatigué, la salle de bains en jette mais très vite, on comprendra qu’il faut se la jouer fine le matin pour avoir l’eau chaude. Escale au restaurant, les plats sentent bons mais le fumet s’élève autant que la note, seul le thé à la menthe console de ces réminiscences de tarifs des quartiers financiers. Stage de golf, super, enfin, on va jouer sur de superbes golfs mais c’est comme la superbe firme où on bosse, le nom est clinquant mais les résidents sont aussi chaleureux que le choléra. Tout irait bien si Monsieur de Pompougnac n’en faisait pas que pour lui car il est 12, on sait qu’il bossait à l’international et qu’il avait des ponts d’or, si seulement  Madame 65 balais avec son blond Dessange n’était pas si irritante avec son rire de hyène, si l’autre has been au nom perdu était plutôt dans la ferme des célébrités qu’à vous snober avec son superbe matériel. Le plus pénible est d’attendre le chauffeur du minibus qui est toujours en retard le matin.  Basse saison, ambiance retraités opulents avec temps à perdre, il faut faire avec, c’est dur de supporter les jeunes, les gosses, les jeunes couples, soit ! La technique révolutionnaire du prof Abdou nous recasse le swing, on essaie de l’écouter car il a côtoyé un des meilleurs pros et écrit un bouquin en co-auteur. Il n’empêche que la technique au nom évocateur sonne comme un slogan d’un produit laitier qui vous rend plus beau, plus jeune et plus intelligent. Il aura daigné au moins nous consacrer une matinée le dernier jour tellement que notre swing était affligeant. On n'a pas eu le temps d’essayer le soin à l’huile d’Argan car les horaires n’étaient pas compatibles.On aura décompressé le soir au milieu des spectacles de la ville où certaines attitudes rappelleront les bousculades de 8H40 sur la ligne 1  à Charles de Gaulle.. Certes c’est sympa de voir cet univers mais le serpent autour du cou n’est pas un fantasme recherché. La semaine passera vire, on aura l’impression d’avoir taper des balles dans le vent à l’opposé du drapeau. On se sentira même ridiculisé par le caddie imposé qui semblait souffrir devant notre niveau. Les valises sont rebouclées, on passe à la réception, petit scandale car on veut nous faire payer le resto alors qu’on avait la demie-pension comme le prouve le papier de l’agence. Retour à l’aéroport, bizarrement, malgré le billet RAM, on nous fait payer la surcharge de bagages d’Air France, ça, ce n’était pas prévu comme le disait le papier. Si seulement on pouvait décalquer les photos des revues et les écrits des papiers où on a déboursé, peut-être qu’on aurait plus l’impression d’avoir somnolé aux pays des 10001 nuits, c’était même ce qui était marqué sur la brochure, non ? On retiendra la note à la fin du trajet. Peut-être qu’il vaudra mieux pour la prochaine fois voyager en regardant les photos polarisées ou rentrer une URL qui nous promet ces rêves devenus illusions.

Commentaires

Et bien...
je tombe par rebond sur votre blog. La prose est agréable (du coup, j'ai plein de lecture en retard), l'aventure semble l'avoir été un peu moins. Je compatis.

Bonne continuation et p'tet à un de ces quatres, sur le green, si je trouve la volonté pour m'y remettre.

Ecrit par : jim | 16.02.2007

Pour être précis, le prof c'est Amadou et le chauffeur Addou! (clein d'oeil de chameau)

Ecrit par : Guillaume | 16.02.2007

Mais j'ai fait exprès de "cacher" (intervertir) les vrais noms, tu imagines si j'avais cité le people, j'avais un procès à la Voici sur mon blog!!
;-))

Ecrit par : Brigitte | 16.02.2007

Ca a l'air triste d'etre pauvre ;-)
Moi je paie sans doute plus cher et l'experience marrakech ne m'a pas parue aussi populo... D'un autre coté jama el fnaa tu y vas une fois voir le serpent, personne t'oblige a y aller tous les soirs ;-))

Ecrit par : Julien | 16.02.2007

Au fait, c'est un ami qui m'a raconté son séjour au Maroc, moi j'ai fait la Tunisie l'an dernier avec le pro-am Lacoste.
quand je parle "banlieue", c'est par notion du pavillon de banlieue du temps des séjours hors ville des citadins. Il n'y a pas de notion de banlieue= reubeu ou autre car moi-même j'habite dans un hlm de banlieue alors pouet à tous les malades qui me sortent des discours politico-discriminant! Je ne veux ps de susceptibles ou de dérangés sur mon blog, j'élimine les abus. A bon entendeur...

Ecrit par : Brigitte | 23.02.2007

Ecrire un commentaire