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23.01.2007
Du fond du trou
Paradoxe à l’évidence, le golf propose une logique de l’Absurde. N’y-a-t-il pas une pugnacité vaine à vouloir finir au fond d’un trou ? Loi d’ordre golfique, le principe est de viser le trou en moins de coups possibles. Si on retarde l’issue, on est considéré comme l’artiste ou l’intermittent du spectacle sur le parcours. C’est limite du masochisme, quoiqu’il arrive ou advienne, l’issue est quasi inévitable, on termine au fond du trou. L’exception est la balle perdue mais même dans ce cas, voire d’autres exception (forfait, abandon, crise cardiaque, force majeure), l’issue sonne creux ! Dès le départ, on opte pour le scénario catastrophe : pour tirer droit, on se met de profil et on joue en biais. Statistiquement quelle est la probabilité que même le joueur de foot de l’année en profil à la cage marque le but sur un penalty ? L’Absurde va même plus loin, en plus en jeu de profil, il faut suivre les sentiers battus, en clair, le terrain tondu, qui peut marquer un dodleg (coude), cela en un minimum de coups. Très vite si on joue les braves, on tombe hors limite, pire qu’une police d’état greenesque, la dictature du parcours veille. Les plus rebelles, jouant les mercenaires, vont ignorer la ligne jaune et franchir par les airs les obstacles identifiés pour jouer à perte de vue mais pour finir de la même façon, en temps moindre sui chanceux …au fond du trou. Les plus valeureux qui font le trou en un sont des kamikazes de la balle. Faut-il être un peu défaitiste pour exceller à ce jeu ? On est capable d’aller se perdre au fond des trous perdus pour jouer et de regarder au fond du trou de la bouteille pour oublier nos 18 trous. Jeu stratégique, offensif ou pédagogique on veut tomber au fond du trou. Il n’y a pas de sommet à atteindre, ni de vitesse à dépasser, juste tomber là où d’autres sont déjà tombés et d’autres tomberont. C’est digne d’un suicide collectif où le gourou est cette petite balle blanche. Il faut peut-être en parler à l’UNESCO, il y a une interdiction à la liberté de la balle, non ? Quoique, le golf aura le mérite d’avoir l’étiquette la mieux respectée et connue par ses ressortissants, pourquoi n’a-t-on pas d’hymne golfique encore « allons joueurs de la partie, le jour du trou est arrivé.. »? Bon, le principe est qu’il y a un nouveau départ après avoir touché le fond, l’espoir n’est pas perdu, nous sommes des faux pessimistes avec l’idée folle, un peu sadique, de remettre ça, le mythe de Sisyphe revisité. Peut-être qu’après avoir touché le fond, on rebondit mieux ? Ce n’est pas trop l’avis de la balle. Sans jouer dan l’humour noir, le principe de la vie est de sortir d’un trou pour finir dans un autre, alors le golf, déjà réputé pour être l’école de la vie, revendique 18 vies, ce qui laisse plusieurs perspectives de carrières ballistiques.
13:25 Publié dans Réflexions golfiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : balle, trou, golf fond du trou, parcours, sport, paradoxe, jeu




Commentaires
De votre correspondant à Angoulême (16):
Le golf d'Angoulême est sous 7 centimétres de neige.
Ecrit par : Antoine | 23.01.2007
Et que dire des bras ? Pour les droitiers c'est le bras gauche qui dirige ! Il y a même des exercices prodigés par les pros qui font jouer sans le bras droit ...
Merci pour ce billet matinal,
Ecrit par : olivier | 24.01.2007
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