31.10.2006
Open d'Halloween
La presse n’arrêtait pas de s’abreuver de cette histoire. Pour une fois, que le golf était à la une, mais quelle une ! Noire, terrifiante et sanglante. Depuis presque 6 mois, les meilleurs golfeurs amateurs et professionnels disparaissaient le soir de leur victoire. On retrouvait leur corps quelques jours plus tard dans d’horribles circonstances, mutilés voire incomplets. Les meilleurs détectives, inspecteurs de police étaient mobilisés, même interpol était sur l’affaire. Certains journaux à scandales inventaient les pires histoires ; les descendants de Roswell, la Russie qui tentait d’attaquer les Etats-Unis sur son sport d’élite, une nouvelle stratégie du communisme selon le FBI. Au départ, on croyait à la vengeance d’un mari bafoué par le volage Hubert Wagen, connu pour ses frasques amoureuses et certains journaux s’étaient empressés de dire qu’il n’y avait pas que ses mains qui avaient été portées manquantes. Puis, lorsqu’on a découvert que Lucien Bastiat était porté disparu malgré les efforts du quai d’Orsay d’étouffer l’affaire, la terreur a bondi sur tous les fairways car il lui manquait son bassin. Peu de temps après lui, un célèbre amateur anglais réputé pour être un excellent gaucher était retrouvé sans son bras droit et la terreur s’est instaurée lorsque le fameux champion britannique Charlie Barton fut retrouvé sans son bras gauche. Scotland Yard avait l’affaire car le superbe Lord Tyrlon était retrouvé sans torse. Puis on a mis sur la liste ce célèbre indien qui avait un swing hors pair, il est dit que pour son cas, on pouvait mettre ses rstes dans un sac car il avait été découpé en entier, on dit même qu’il manquait ses articulations. Bref, la liste fût longue, les meilleurs avaient été tués par un fou. Les enquêtes portaient sur tous les joueurs, ils étaient suspects et de potentielles victimes, peu à peu les tournois étaient déserts. Puis le calme est revenu, plus de morts atroces étaient à déplorer, les journaux n’avaient plus d’histoires lugubres à délayer sous leur presse et les clubs-house voulaient oublier cette histoire. Les prestigieux championnats ont repris avec de nouvelles têtes, de nouveaux champions et particulièrement un qui avait surpris tous les professionnels. Un jeune français dénommé Régis Nonmais, joueur issu du fin fond de la Bourgogne qui était juste classé dans son club. Il est arrivé pour disputer l’open de France, accompagné de son caddie qui était un homme d’un certain âge. Les habitués de son club disaient qu’il jouait bien mais qu’il était parti du jour au lendemain sans prévenir, puis était revenu au bout de quelques mois, juste avant l’open, avec son superbe jeu et accompagné du même homme qui fait office de caddie. Ce dernier était un homme érudit mais parlait peu. Ce jeune Régis a pulvérisé tous les joueurs, il avait un swing parfait, la précision, la puissance et la stratégie des meilleurs qu’on essayait d’oublier. Il remporta l’open mais on ne sut rien de lui, il ne partageait pas les vestiaires et le peu de personnes l’ayant approché l’ont trouvé très froid au sens propre comme au figuré. On ne l’a jamais revu en compétition. Une rumeur dit qu’on aurait vu le jeune Régis déambuler dans les rues de la capitale la nuit imbibé d’alcool et puant les égouts.
Je raconte ça aujourd’hui car mon petit-fils qui vient de finir son internat m’a emmené à la faculté de médecine pour la remise de diplôme et sur un des murs j’ai vu le portrait craché du mystérieux caddie du jeune Régis Nonmais.
BC (copyright!!)
Celui de l'année dernière: Tee or threat
14:35 Publié dans Réflexions golfiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : golf, halloween, conte, nouvelle




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