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25.08.2006

Fin de parcours

Sentiment mitigé lorsqu’on est au départ du dernier trou ; à la fois une envie de finir vite pour achever les 4 heures de déroute et de poursuite balistique et une ambition de finir en beauté, histoire de marquer le coup voire d’épater la terrasse du club-house ou même un besoin maslowien de faire le plein d’une bière et la vidange urgente.

Par comparaison entre un parcours de golf et les étapes de la vie, l’allusion rebondit sur mon job. J’ai noté sur ma fiche de score ma démission et la période de préavis ou sursis selon les sentiments  me rappelle l’ambiance du dernier trou. Même volonté de réduire un par 5 de 500m en un eagle de maître, histoire de ne pas perdre trop de plumes, quite à prendre la grosse tête dès le départ pour gagner de la distance sur les adversaires qui attendent l’occasion de brouter des points. Jeu stratégique, j’attends le retour des boss pour éviter qu’ils se renvoient la balle sur la nécessité de ma présence. J’ai les arguments comme parade, le seul client qui gâcherait mon « par 3 » reste dans le rough et n’importe quel jardinier peut rejouer la balle, j’ai déjà joué mon premier coup et personne n’est gagnant si je joue des balles provisoires sur une courte distance. Les 17 trous précédents ont eu des bons et des mauvais coups avec pas mal de coups retors dont je me suis sortie indemne mais où j’ai perdu pas mal de points, laissant une bonne avance à mes adversaires ayant peu le sentiment d’équipe. Je n’ai pas amélioré mon handicap sur ce parcours, juste prouvé à moi-même que j’avais encore les tripes pour tenir le coup et devenir un bunker à moi seule. J’ai amélioré le geste, gagné en dextérité mais un peu perdu confiance en moi par des air-shots inexpliqués, des balles perdues dans des obstacle d’eau s’étendant à perte de vue et devant les missiles des autres joueurs. Je n’ai pas prévu de coup d’éclat ni de vider mon sac ni de me remplir les fichiers, personne ne sait aujourd’hui que je ne rejouerai plus ce parcours faute d’une DRH restant dans son bastion non-communiquant. Les habitués seront surpris, je ne paierai pas ma tournée car les pros sont déjà partis, restent les poussins qui piaillent leurs rêves. Après avoir fait son trou, il suffit de faire le solde de tout compte et vérifier que nul n’a grugé, On signe et on rend les armes. Comme le petit bout de carton plié en 2, on rend le cerveau électronique portable et ses ustensiles, les badges d’accès et la carte de crédit qui nous troue aussi le solde mensuel. Le 19ème trou sera en comité restreint et de toute façon, commence un nouveau parcours. A chaque trou, un nouveau départ. Fin de partie. Tilt.

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